Chez moi.
Il y a quelques jours/semaines/mois, Noémi a publié un billet qui parlait de son chez elle. Son chez elle qui n’est pas à Paris, même si elle y vit. Je vous laisse aller lire son billet parce qu’il est bien, et qu’en plus, son blog est bien, alors il faut lire son blog.
Ça a un peu remué des trucs, parce que moi, je n’ai jamais eu de véritable « chez moi ».
Depuis que je suis née, j’ai beaucoup déménagé. J’avais compté, et j’étais arrivée à quelque chose comme quinze ou seize fois avant mes 18 ans. Je sais plus exactement où je m’étais arrêtée de compter, en fait, mais on s’en fiche un peu, l’idée est là.
Mes parents ont été propriétaires une fois (ou deux? Je ne sais même pas si au Chili ils étaient propriétaires, mais on s’en fiche, bis), parce que le métier de mon papa lui offre un superbe logement de fonction, le superbe étant très très ironique.
ALLO les architectes, il faut faire quelque chose à ce niveau là, je pense, parce que ces logements de fonction sont une plaie abominable.
Si on me demande aujourd’hui où est mon chez moi, je crois que je ne saurais pas quoi répondre.
A Paris, je ne me sens pas chez moi, et mon appartement me sort réellement par les yeux depuis quelques mois. Chez mes parents, je ne me sens pas chez moi, parce que je n’ai jamais vécu dans la maison dans laquelle ils sont maintenant, que je n’y ai pas de chambre, quand j’y vais, j’ai une valise, et je n’ai pas de pièce où m’isoler. Ma maman vit d’ailleurs très mal ça et je la comprends.
L’an dernier, j’avais fait un mini mémoire sur le sujet du « chez soi nomade », un truc vaguement fumeux, très conceptuel et totalement flou, mais j’avais beaucoup aimé réfléchir à cette notion du chez soi, et de « sécurité » : quels sont les éléments qui seraient indispensables pour se sentir chez soi n’importe où, en somme.
C’est d’ailleurs le sujet avec lequel j’ai hesité cette année, pour mon mémoire de diplôme.
Je ne sais même pas si j’ai envie d’avoir un chez moi. Je crois que je me sens bien comme ça, sans attache matérielle, avec uniquement mes attaches affectives. Recemment, j’évoquais avec une amie mon envie de, je m’auto cite « me casser super loin de cette ville de merde ». Je lui disais que je voulais aller à Berlin, parce que c’est une ville dans laquelle… Je me suis sentie chez moi.
Peut-être que je n’aimerai pas, justement, me sentir chez moi? Je crois que j’ai ce besoin permanent de me sentir « en danger ». C’est totalement absurde, hein, ce que je raconte? Je sais, et cette affaire de chez moi, pas chez moi, chez toi, pas chez toi me parait tellement.. abstraite que je suis incapable d’y reflechir un peu mieux.
(Mais par contre, on peut quand même aller prendre un dernier verre chez moi, hein.)
Et c’est ici que la théorie du « pourquoi as tu donc choisi ce métier d’architecte d’intérieur » qui, ô surprise, s’occupe souvent de concevoir des « chez eux » aux gens?
On réflechit trop sur ce blog, je vais aller manger du Babybel, pour la peine.






Il est aussi très joli ton billet ! Et effectivement ton métier ne semble pas être une coïncidence avec ce que tu racontes…
Il est touchant cet article dis donc… Et j’aime beaucoup la nouvelle apparence du blog (ca faisait peut être trop longtemps que je n’étais pas passée … Mea culpa). Bonne chance pour ta création de « chez eux » des gens !
Les Anglais « those who can’t do, teach »… peut-être est-ce la raison de ton choix de métier
Très joli billet. Si je réfléchis à l’idée de chez moi, je crois que j’ai 15 lieux qui me viennent en tête. Je dois être un vrai coucou: dès que je me sens bien quelque part cela devient un petit chez moi. Pour 15 ans, 2 semaines ou 3 heures, mais mon petit chez moi.
C’est bon aussi, le Babybel
Sérieusement, oui, il y a sûrement un lien entre vocation pro et enfance…
Je suis un peu l’inverse : descendante d’agriculteurs, des terres familiales, où la propriété est viscérale, une maison que j’ai toujours connue et où j’ai toujours des affaires…
Difficile donc de me représenter une autre vie !
J’ignore ce qui est le mieux…
Ayant pas mal bougé aussi, je me retrouve à me sentir « un peu chez moi » partout où j’ai vécu… Avec tous ces petits « un peu », ça fait un chez moi presque entier. Du coup, on peut dire que je suis cosmopolite
Peut-être toi aussi ?
Finalement, à créer des chez soi aux autres, tu laisses une part de toi et du coup, c’est un peu chez toi aussi ?
En fait, j’ai pas de Babybel à la maison, du coup je peux continuer longtemps à réfléchir sur ce thème
C’est très intéressant tout ça, d’autant que comme le dit Noémi, ton métier semble être en adéquation avec tout ça.
Je me retrouve beaucoup aussi dans ce texte. J’ai énormément déménagé avec ma famille dans ma jeunesse (même si je crois que tu me bats quand même) puis à Paris, j’ai trop déménagé aussi. Pourtant j’arrive à me sentir « chez moi » assez rapidement. Enfin ça dépend. Et j’ai tendance à penser que « home is where the heart is ».
Cela dit je rêve d’un jour où je poserai mes valises pour de bon, où je pourrai décorer et aménager à ma guise, et tout et tout. Les apparts meublés c’est bien, surtout quand on est étudiant désargenté, mais bon…
La question du « chez soi »… est vraiment complexe. Je crois que j’en ai souvent parlé, à petits mots, au cours de mes posts, mais ton billet me donne envie d’approfondir cette question – surtout à l’aube d’un nouveau déménagement.
Je crois que « chez soi » c’est avant tout quelque part où on se sent bien. Et c’est parfois plus dans les bras d’une personne, aux gens qui sont là, que par rapport aux meubles qui nous entourent.
Mais je suis contente d’avoir un chez moi où j(‘ai grandit – et où me rattacher, parfois.
Tiens moi c’est pareil, j’ai pas mal déménagé dans ma vie, je me suis souvent trouvé dans des endroits où je n’avais pas envie d’être (ex: Toulouse, où je suis venue habiter pour rejoindre mon copain de l’époque, qui bien entendu m’a larguée peu de temps après mon retour en France).
Par contre, mon métier, c’est tout à fait l’inverse du tien (non, je ne suis pas huissier): je suis tellement amenée à bouger que je me pose très très peu chez moi (= je fais des journées de ouf et je suis souvent en déplacement).
Philosophique cette histoire de « chez-soi »…
(est-il utile de préciser que j’ai beau apporter moult et moult aménagements à mon appartement, il me sort par les yeux et ça fait 3 ans que j’ai envie de partir ?) (mais loin hein, quitte à partir)
c’est marrant, mes parents viennent de vendre la maison où j’ai vécu 15 ans, et ça ne me fait ni chaud ni froid. je ne m’y suis jamais senti chez moi (un truc de relation maternelle nul doute).
quand à ta vocation, je ne suis qu’au début de mes études de psy, mais je te dirais que c’est un très bon choix déjà parce que tu es passionnée et qu’ensuite donner aux autres ce qu’on a pas eu est la meilleure façon de s’accomplir à mon sens.
quand à un « chez soi », je dirais que c’est tellement corrélé avec les amis, les amours, le temps qui passe que ça n’a pas forcément lieu d’être figé, un chez soi peut être nomade comme tu le dis.
C’est marrant, pour moi, c’est exactement l’inverse. Cela fait 9 ans (9 ans ? DEJA ???) que je suis partie de chez mes parents. 9 ans que j’habite Paris ou sa proche banlieue au début. Les premières années, je disais « je rentre chez moi » pour parler de chez mes parents. Puis, pendant un an, impossible de prononcer cette expression : « chez moi » ne voulait plus rien dire. Je ne vivais plus chez mes parents, je n’étais plus réellement chez moi, et en même temps, je ne supportais plus l’appartement que j’occupais alors. Maintenant, quand je dis « chez moi », c’est le petit appartement que j’occupe ici, à Paris. Et quand je vais chez mes parents, c’est chez eux. Je leur rends visite, je ne me sens pas chez moi. Même si j’ai gardé ma chambre d’ado, et que je n’ai pas besoin de prévenir quand je viens (mais je le fais toujours, justement, parce que je ne me sens plus chez moi).
Paradoxalement, j’ai l’appart le plus neutre au monde : quasi pas de déco, très peu de meubles. Rien ne me ressemble dans cet appartement. Je n’en peux plus, je veux en partir (pour un tas de raison). Mais en attendant, je suis bien contente de le retrouver tous les soirs, ou quand je rentre d’un week-end chez mes parents. Je n’y ai pas d’attache matérielle, mais c’est mon cocon. L’endroit où je n’aime pas être dérangée quand je veux être seule. Il a cela de rassurant : quand je pars, je sais que je vais le retrouver. Que j’ai un endroit. Mon endroit. Je rêve de prendre mon sac à dos et de faire le tour du monde, ou même de me barrer ailleurs. Mais il me faut un endroit où me poser en cas de besoin. Une même porte que je franchis tous les soirs.
Après cette longue tirade de « moi je », je reviens à ton cas. Je pense que ton passé a certainement joué dans la volonté de créer des « chez soi » aux gens, où qu’ils soient, pour quelque raison et qu’importe la durée. Le « chez soi » rassurant, qui peut nous rappeler notre enfance, protecteur, celui dans lequel on se sent à l’aise. Ce genre de chose, c’est comme les conseils : on est très bons pour les autres (pas que pour en donner, mais pour en donner des bons, des justes, des raisonnés) mais on est incapables de se les appliquer quand la situation nous arrive. Tu crées des « chez soi » aux gens parce que toi, tu n’en as pas vraiment. Et c’est ça qui te rassure. C’est ton « chez toi » à toi. Une sorte de transposition sans réelle projection. (tout ceci est confus, je te l’accorde, mais il est tard et je rentre du boulot).
Le chez soi, c’est habiter un lieu, occuper l’espace. J’ai beau souvent me référer à la définition du petit larousse. J’ai du mal à trouver un chez moi parce qu’il me renvoie souvent au lieu ou j’ai grandi et habité avec mes parents.
Mais j’ai décrété que mon appart des Batignolles serait mon vrai chez moi. Après plus d’un an passé dans cet appart, j’ai enfin décidé de réellement « l’occuper » et ça n’est pas une tâche facile
Je suis chez moi chez mes parents, bien que ma mère m’ait virée de ma chambre d’ado pour vendre mon lit, je suis chez moi chez mes parents en Bretagne parce que c’est moi qui ai peint les murs et que la mer c’est la vie. je suis chez moi en vacances, du moment que j’arrive à répandre mon bazar un peu partout autour de moi..
Je découvre ton blog et je suis totalement conquise. Beau travail !
http://sphotos.xx.fbcdn.net/hphotos-snc7/430599_363038763718341_543485446_n.jpg
Depuis que j’ai vendu mon appart’, je n’ai pas vraiment de chez moi non plus. Je m’en suis rendue compte hier soir bizarrement, alors que ça fait déjà plus de 6 mois que c’est une réalité. C’est pas si agréable que ça, en fait…
* Noémi : je m’en étais jamais vraiment rendu compte en fait!
* MC : non non, j’ai changé il y a très peu de temps! (mais que je ne t’y reprenne plus à pas venir, hein!)
* Miss Nahn : j’aime bien cette idée, tiens. Et sinon je crois que c’est bien aussi de savoir s’approprier des lieux rapidement!
* Lili : ah oui, le Babybel, c’est vraiment la vie.Je ne sais pas si il y a un mieux ou pire, mais c’est vrai que par exemple moi, dans ma famille proche (parents+enfants) on est un peu tous pareils : personne n’habite près des siens, on a toujours été les isolés, que ce soit du côté de ma maman, ou de mon papa. Et pourtant, mes grands parents paternels sont agriculteurs aussi, et n’ont jamais bougé de chez eux non plus!
* JS : j’aime bien, continuons à réflechir là dessus, j’aime beaucoup! Et oui, je crois que finalement, on se créé des chez nous un peu partout, histoire d’avoir quelques repères tout de même!
* Laurelas : home is where the heart is : ça, ça me parle!
* LaNe : c’est vrai que dans ton cas ça va encore un petit nouveau chez toi, dans un nouvel endroit, c’est chouette, je trouve, toutes ces possiblités d’avoir à chaque fois un nouvel endroit à investir!
* Mnêmosunê : je pense que quand tu n’as pas envie d’être dans une ville, même si t’efforces de rendre ton chez toi, chez toi, il ne te plaira pas..!
* Cracotte : oui, un chez soi peut-être nomade et je m’en rends de plus en plus compte! N’empêche que parfois, quand je vois mes amies rentrer chez leurs parents et retrouver leur chambre d’enfance, je sais pas, ça fait quelque chose! Ou même, quand on va chez mes grands parents, là où mon père a toujours vécu, j’aime l’entendre parler de ses souvenirs dans cet endroit. Chose que je ne pourrai pas faire! (bon, en même temps je veux pas d’enfants, donc voilà, mais sur le principe!)
* N. : ah ben tu vois, pareil, quand je rentre chez mes parents, ça ne me viendrait pas à l’esprit de ne pas les prévenir. Quand je suis chez eux, je suis « en vacances », et pas « à la maison »!
* larcenette : du coup, tu pourras m’inviter chez toi boire un vin, un jour? (la fille qui manque pas d’air, bonjour!)
* marinette : je serai chez moi à Biarritz quand j’aurais ma maison là bas aussi. Tu viendras boire l’apéro.
* Les Pavés Bordelais : merciiiii!
* Antoine : love it.
* Anna : c’est pas si agréable, mais finalement, c’est aussi un peu une liberté, de se dire qu’on n’a pas de chez soi, non? Je sais pas, en fait!
[...] le décorer enfin. Comme ce lieu est désormais chez moi (je vous conseille ces 2 articles sur le Chez soi d’ailleurs), et qu’il faut que je l’occupe vraiment, je suis allée faire un tour [...]
Peut être que c’est justement le fait de ne pas avoir eu de « chez toi » quand tu étais enfant/ado, qui a motivé inconsciemment ta volonté de donner un « chez eux » aux gens… Donner ce que tu n’as pas vraiment eu.
Et H.S, j’aime (beaucoup !) ton nouveau design de blog, ça fait trèèèès longtemps que je n’ai pas pu passer, et je trouve le changement réellement canon !
Il y a un proverbe très sage qui dit « qui se sent bien avec soi-même se sent chez soi n’importe où ». J’aime bien l’idée qui consiste à dire qu’être bien dans sa peau permet de s’adapter à n’importe quel environnement et de pouvoir se détacher de l’affectif qu’on met parfois trop dans un lieu.
Avant, chez moi c’était dans le Cotentin, parce que j’ai passé 20 ans de ma vie là bas, c’est la région où j’ai grandi. Pourtant, depuis que mes parents en sont partis, je ne considère plus que c’est chez moi, et que mon chez moi il est ici à Paris avec mon homme et mon fiston. Ce qui m’amène à dire que le chez soi est sans doute largement lié à la famille et les liens affectifs qui nous entourent. Pourrait-on se sentir chez soi en étant seul ?? Par sûre !