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Week end enchanté #2

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Le lendemain, quand je me suis levée, bof, j’avais carrément pas faim, donc je suis partie au marché avec mon papa et mon grand père, parce qu’on devait acheter un poulet à faire rôtir (c’était dimanche, le dimanche, on mange toujours un poulet rôti)(sauf quand on brunche)(j’essaie d’instaurer le brunch systématique, mais c’est pas passé encore), et puis je devais trouver des fruits rouges pour faire un gâteau.
On a fait je sais pas combien de supermarchés (2 en fait) pour en trouver, et quand on est rentrés, je me suis mise aux fourneaux. Après, j’avais besoin de me défouler, alors j’ai fait UNE HEURE de vélo elliptique, en alternant les sprints et les pas sprints, mais j’avais jamais autant pédalé je crois et autant transpiré.

(La vraie raison, c’était que j’étais intriguée parce que je voulais savoir comment ça s’affichait, au bout d’une heure, le compteur numérique, parce que y’avait pas trop la place de mettre 1:00:00 dessus)(ben du coup, ça met 61:00)(voilà.)

Comme mon gâteau était cuit, que ma petite sœur était rentrée du travail (elle est caissière)(et le dimanche, ils exploitent les étudiants)(c’est normal, il paraît, dans nos sociétés), et ben on est passés à table.

Cette fois-ci mes grands-parents nous ont raconté comment c’était, le tremblement de terre, en vrai, et on a toujours beaucoup rigolé parce qu’entre ma maman et ma grand-mère, il y a de quoi faire parce qu’elles sont très drôles, et en plus mon frère nous a raconté une bien chouette blague (qu’est-ce qui est transparent et qui court dans les champs de blé?)(les champs de blé c’est mon idée)(mais quand j’ai voulu la refaire après mon frère m’a dit rouloulou mais t’es nulle pour la raconter, (en vrai il s’est pris la tête dans les mains, ou l’inverse, je me souviens plus, et il a soupiré trois fois en me regardant d’un air affligé, comme lui seul peut le faire) alors il l’a reprise sauf que c’était MOT POUR MOT la même phrase, sauf le truc des blés, ce qui, il faut l’avouer, ne plombait pas non plus la blague, hein, je crois) et puis après ma maman a demandé encore si on voulait du fromage, mais là, ouais, on en voulait tous (surtout ma grand mère qui adore le pain)(et donc le fromage est un formidable prétexte pour manger du pain)(moi je reste sur ma position en campant dessus, et je dis que le Chili produit le meilleur pain au monde, mais visiblement, il n’y a que ma petite sœur pour me soutenir dans cette croisade, alors bon, à deux, spa facile de faire de la propagande), alors voilà, BAM, encore des tas de lipides avalés, et pour le dessert, ben déjà j’avais fait des scones au citron, et en plus, y’avait mon gâteau au citron et fruits rouges.

Pause dans la narration. Parce que ça poutrait sa race sévère, mon gâteau, et mes scones, aussi, avec de la confiture de mûres.
Instant de délices, instant d’imagination, instant bonheur sucré. (Merci Cléa, ton livre est ma Bible, désormais)

Alors on a encore beaucoup parlé, et mangé un peu de glace à la vanille, c’était une idée de ma grand mère ça, mais mon frère et ma maman étaient bien contents parce qu’ils en avaient aussi bien envie, (mais c’est vraiment PAS POSSIBLE, la glace banane fraise), et on a bu le café avec du chocolat, et là, je suis gourmande, mais mon taux de sucres menaçait vraiment d’éclater, alors je suis allée faire ma valise, parce que je repartais dans 2 heures.

Alors là, il était 16h, et on devait partir à 17h pour emmener mes grands parents à l’aéroport, mais comme ma grand mère est très très stressée, finalement à 16h24 elle a dit que POF, et il fallait partir sauf que j’étais pas prête alors je me suis dépêchée mais je suis quand même restée en sarouel-jogging, un concept assez moche mais alors comment c’est trop confo, tu verrais ça, mon frère a passé le week end a me demander si j’allais VRAIMENT sortir en pyjama, et dîner en pyjama, et aller faire les courses en pyjama, et tout, mais il est un peu critique, donc bon.

Mais objectivement, j’avais l’air d’être en pyjama, c’est vrai.

Du coup on est arrivés tôt à l’aéroport, mais on les a laissé passer l’embarquement vite, parce que sinon c’est toujours pareil, c’est ma grand mère qui commence, c’est juste une larme, et puis ça suffit toujours, ma mère suit direct, et pour finir, on se retrouve là, toutes les 4 à chialer comme des idiotes en plein hall d’aéroport, alors qu’on va se revoir, mais si, on va y aller en février, de toutes façons, et profitez bien de Madrid, et filez, et nous aussi on va y aller, si on court, on peut avoir le parking gratuit, mais sauf qu’on sait jamais trop où on a garé la voiture, alors pour finir, on  repart toujours un peu en traînant des pieds, en espérant, je sais pas, un volcan islandais, pour qu’ils repartent pas tout de suite, parce que même si on a beaucoup trop mangé, on a aussi beaucoup ri, beaucoup aimé, beaucoup vibré, et c’est dans ces moments-là qu’on est bien en famille, et qu’on a envie de remercier n’importe qui, parce qu’on a vraiment de la chance, après tout, de pouvoir encore autant rire et s’aimer, malgré nos caractères de merde, à tous.

Sauf que le volcan islandais, il se réveille jamais quand il faut, et cette fois encore, l’avion partira, sans qu’ils ne se soient retournés, pour pas nous montrer les larmes, et pour éviter de voir les nôtres. L’avion partira, et on retournera chacun à nos vies, avec le sentiment un peu étrange d’avoir vécu dans une cocotte minute de sentiments, et de bonheur, et que d’un coup, PLOP ça s’ouvre, et on se rend compte que demain, y’a école, il faut laver le linge, il faut aller me déposer à la gare, laisser le grand frère à son avion, après, parce qu’il repart dans le brouillard londonien (rha, il peut manger des muffins au lemon curd toute la journée)(et aussi, aller acheter des headbands chez TopShop), il faut encore se dire au revoir, et tout.

Alors moi, je repars à Paris, avec un message qui me fera plaisir, la promesse d’un voyage chez moi en février, si tout va bien, pour retrouver, dans l’autre hémisphère, de l’autre côté de la terre, avec encore un peu plus de monde encore, la même cocotte minute de sentiments.

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10 Commentaires

  1. 22 septembre 2010 à 15:33 | Permalien

    Pfiou, ça donne sacrément envie de famille ton récit :)

  2. 22 septembre 2010 à 15:43 | Permalien

    Ta cocotte minute de sentiments m’a donné la chair de poule parce que je les connais tant, ces adieux à l’aéroport. Moi je m’en vais prendre mon avion, retrouver ma vie, mes lessives et mon quotidiens. Eux cherchent la voiture sur le parking. Mais on a tous, à chaque fois, une boule dans la gorge qui nous fait nous demander pourquoi on fait ça. Tu sais quoi ? Après 8 ans, j’ai toujours pas de réponse.

  3. 22 septembre 2010 à 17:03 | Permalien

    Idem. J’ai beau etre partie en RU depuis 3 ans, rien n’y fait, les adieux ne sont jamais plus faciles!

  4. 22 septembre 2010 à 22:56 | Permalien

    Oh c’est joli ce que tu ns dis sur ta famille ! Nous aussi ce week end c’était famille mais plutôt cousins/frangins et sans les adieux a l’aéroport ! Mais c’est vrai que c’est une chance de d’aimer autant en famille et de pouvoir vivre des week end enchantés comme cela !
    Et sinon c’est quoi la blague de ton frère alors ??!

  5. Laurie
    23 septembre 2010 à 9:17 | Permalien

    J’ai vécu le même genre de week end, et les yeux embués de larmes à la fin surtout…

  6. 23 septembre 2010 à 17:43 | Permalien

    Tu es vraiment sorti avec ce bermuda-jogging-sarouel !?

    En tout cas, un bien chouette week-end!

  7. 23 septembre 2010 à 19:00 | Permalien

    Buh, j’aime pas quand on se dit aurevoir -__-’

  8. 26 septembre 2010 à 23:57 | Permalien

    Chez nous le poulet c’était le vendredi, parce que le vendredi c’était LE jour de marché dans mon patelin et que y’avait un monsieur qui y vendait de très bons poulets Allal. Et ça c’était vraiment trop bon. En revanche, les fruits rouges en cette saison, c’est pas terrible ma belle. Perso, dès que l’automne arrive j’opte pour Picard (valeur sure en hiver).
    Je ne connais ni Cléa, ni son livre mais je m’en vais voir ça goulument parce que si je suis gourmande, mes amis le sont plus encore!
    Et puis tout le reste que tu racontes c’est trop beau et trop vrai et trop émouvant pour que j’en dise d’avantage…
    (Par contre, j’aime déjà ta grand mère pour son amour du pain)(c’est beau) (même si j’ai jamais gouté le pain chilien)

  9. 27 septembre 2010 à 21:42 | Permalien

    Nan mais alors, si vous rigolez en racontant les tremblements de terre, et que vous espérez les éruptions volcaniques pour pas pleurer, je comprends mieux qu’on en fasse toute une histoire, de l’esprit latin…

  10. 27 septembre 2010 à 22:52 | Permalien

    @ Clyne : ouais, mais avec tout ça, j’ai même pas pensé à rapporter Save The Last Dance..
    @ Marie : on aura pas vraiment de réponse, c’est un peu un besoin, quand même, de partir, je crois, même si ça fait un peu mal de voir à chaque fois ceux qu’on aime repartir loin, ou soi-même repartir loin de ceux qu’on aime.
    @ Maryne : :)
    @ Camillou : la blague? C’est simple : un troupeau de vitres.
    @ Laurie : ben je vois que je suis pas seule :p
    @ MissBrownie : ah mais OUI, je suis une warrior, parfois!
    @ Shalima : moinonplu…
    @ Lilith : pour les fruits rouges, en fait, je vais que chez Picard. Le jour où j’aurais un framboisier chez moi, je serai comblée, je crois. (Je te ferai goûter le pain chilien, un jour)
    @ Anacoluthe : bah c’est TELLEMENT drôle d’entendre ma grand mère raconter quelque chose d’assez grave comme ça, elle sui fait une montagne de n’importe quel événement… (Mais après, j’avoue quand même, j’aurais adoré être sur place, le jour J…)(je suis en grave manque d’adrénaline)

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