Article

Stagiaire.

Alors,

le point très très positif d’avoir un travail (enfin, d’être stagiaire)(mais c’est un peu la même chose)(sauf que moi, je mange des pâtes et je m’habille chez H&M)(les autres mangent du pain Poilâne et ont des Balenciaga)(m’en fiche, j’aime assez les Panzani), c’est surtout que j’ai des trilliards d’anecdotes trop drôles à raconter.

(Un trilliard, c’est trois fois un milliard)(c’est BEAUCOUP, donc.)

Mais avant toute chose, je dois quand même crier ma joie, mon amour, ma bonne humeur, parce que j’aime pour de bon ce que je fais.

Je parlais il y a quelques jours avec un ami, (en fait c’est un garçon que j’ai rencontré sur un site de rencontres)(maman, j’espère que tu as sauté cette phrase)(et si c’est pas le cas, on est pas VRAIMENT obligées d’en parler)(mais je fais attention, je donne jamais rendez-vous chez moi)(et j’ai toujours des capotes dans mon sac, ne t’en fais pas), BREF, et il me disait que j’avais bien de la chance d’avoir trouvé ce que je voulais faire de ma vie.

Tatatata, l’ami, j’ai mis environ 23 ans à décider de ce que je voulais faire, et encore, j’ai pas pour ambition de rester toute ma vie avec la même condition professionnelle.

Effectivement, petite, je voulais être pute. Ca, c’était quand j’avais 5 ans et des poussières, que je suçais encore mon pouce, et que j’étais très très précoce dans l’évolution de ma puberté.

Après, quand j’avais douze ans, je voulais être pilote d’avion. Deux semaines après ma décision, irrévocable, si je suis pas pilote, qu’on me vole sur le corps, je rentrais à la maison avec une ordonnance pour des lunettes parce que cet enfant est myope comme une taupe, c’est pas croyable. Même avec des lentilles de contact, je pouvais pas tellement tricher.

Un peu après, j’ai décidé que tant pis, j’allais être astronaute, que je pouvais très bien être avec quelqu’un qui m’aide pour voir si y’a des étoiles dans ma trajectoire.
Quand j’ai vu les tests physiques, sur le bras qui tourne hyper hyper vite, j’ai vomi ma tartine de chocolat, et j’ai décidé que j’allais être danseuse étoile.

Mais là, quand j’ai compris que j’aurais jamais des jambes assez longues pour ça, j’ai beaucoup pleuré, et j’ai fini par accepter la réalité, je danserai uniquement par passion, mais je n’en ferai jamais mon métier.

Du coup, y’avait encore plein de places vacantes pour les idées de travail.

Alors, j’ai voulu être pharmacienne, c’était cool, ça, pharmacienne. J’ai fait un stage de quatre jours dans une chouette pharmacie, j’ai rangé des Doliprane et des Advil pendant environ trente deux heures, ça m’a saoulée, j’ai fini par leur dire au revoir, et je suis rentrée chez moi, en brûlant ma blouse.

Mais j’aimais bien le médical, et puis j’adorais Urgences, donc je veux dire, j’avais des bases, quand même, alors j’ai voulu être médecin. Ah ouais mais neurochirurgien, et pour les enfants.
Va savoir ce qui m’est passé par la tête, mais toujours est-il que cette voie là, je l’ai eue en tête pendant environ dix ans.

Dieu soit en location, un beau jour, j’ai une copine qui m’a dit que j’allais sérieusement m’emmerder dans un boulot comme ça, que jamais ils me laisseraient recoudre les crânes de mes patients, MÊME PAS LES DÉCÉDÉS, en faisant des étoiles avec le fil, et qu’en plus, la blouse, ça m’allait vraiment pas, et qu’il fallait que je me dépêche de trouver un autre métier.

Alors, je me suis dit que j’allais être architecte. C’est bien, ça, architecte. Construire quelque chose, pour une fois, au lieu de détruire ma vie.
Construire des environnements, habiter des espaces, faire vivre des murs, jouer avec des volumes (là, j’invente rien, c’est un pote qu’a dit ça, que l’architecture, c’est un jeu savant, correct et magnifique de formes et de volumes assemblés sous la lumière)(enfin, je crois, mais on avait bu, ce jour-là).

Donc j’ai passé les concours.
Alors, ouais, les deux premières années ont été un peu chaotiques, mais j’ai beaucoup appris pendant ces deux années d’archi à Lyon, même si c’était pas exactement ce que je voulais.

Et puis je suis arrivée à Paris, j’ai commencé l’architecture d’intérieur, je me suis éclatée la première année, j’ai kiffé sa race la deuxième, je l’ai vécue jusqu’au bout, à fond, tant que je pouvais, en donnant tout ce que je pouvais, même un peu plus, parce que je me suis rendu compte que c’était vraiment ça que je voulais faire.
J’ai découvert ce que c’était que faire des études passionnantes, de passer des nuits blanches à bosser, parce qu’il le faut, mais en le faisant avec bonheur, j’ai compris ce que c’était que d’aimer travailler.

Et là, ce stage, je crois que je vais le savourer jusqu’au bout, tant ça va m’apprendre un tas de trucs géniaux.

Quand je serai grande, je serai architecte d’intérieur. C’est promis.
Et quand je serai moins occupée, je vous raconterai comment j’ai cru mourir devant la beauté de la Sagrada Familia, et comment je me suis fait cramer par une clope à cause d’un baiser fougueux.

Rendez-vous sur Hellocoton !

8 Commentaires

  1. 11 septembre 2010 à 8:45 | Permalien

    Oukissont les trilliards d’anecdotes de ton stage ???

  2. 11 septembre 2010 à 10:05 | Permalien

    J’adore ! Tu en as de la chance, d’avoir trouvé ta voie et de faire des études qui te plaisent autant. J’adorerais faire ce que tu fais, je crois. Bon stage !

  3. 11 septembre 2010 à 12:08 | Permalien

    Le trillard, le trillard, le trillard!

  4. 11 septembre 2010 à 16:26 | Permalien

    Moi je me rappelle même pas ce que je voulais être (parce que j’ai pas voulu toute ma vie travailler dans le web, non non). Sûrement danseuse, sûrement peintre. Médecin, j’ai laissé ça à mes soeurs…Qui sont devenues ce qu’elles rêvaient, elles.

  5. 12 septembre 2010 à 23:02 | Permalien

    Je trouve ça chouette de trouver sa voie. Moi aussi je voulais être médecin/chirurgien parce que je regardais urgence et que j’étais amoureuse du Dr Carter. Quant à la danse, je pense que c’est bien mieux que ce genre d’activité reste de l’ordre du hobby. Ça détruit le corps et tu prends ta retraite à 28 ans et demi.
    Bravo pour ce stage qui te satisfait! Suis trop happy pour toi!

  6. 13 septembre 2010 à 9:56 | Permalien

    Quand j’aurais trouvé un appart je t’embaucherais comme décoratrice d’intérieur !

  7. 13 septembre 2010 à 14:17 | Permalien

    Ben il est drôlement chouette ce billet… *petitelarmichettedemotion* (me demande pas pourquoi, j’en sais rien, sans doute le pilote d’avion, l’astronaute, tout ça)

  8. 13 septembre 2010 à 18:07 | Permalien

    C’est chouette d’avoir trouvé sa voie je trouve, à une époque où la majorité des gens travaillent sans plaisir, sans passion, et ne se lèvent le matin que pour nourrir leurs gosses.
    T’as du rendre tes parents dingues avec toutes ses vocations morte-nées :D

Poster un Commentaire

Votre E-Mail n'est jamais publié ou partagé. Les champs obligatoires sont marqués par un *

*
*