Article

Let’s go to the Navy.

Soyons sérieux deux minutes.

(Deux minutes, exactement le temps maximum que j’ai avant d’être en manque de Flash Forward)(pardon à tous pour cette monomaniaquerie insupportable, qui surgit à tout moment)((à tout moment étant une manière de dire TOUT le temps.)

La semaine dernière, entre mes six mille huit cent mètres de piscine, mes cinq mille deux de vélo elliptique, et mes centaines de pages de magazines débiles lues au soleil, les pieds dans l’eau, je suis allée visiter Bordeaux. (J’étais quand même fière parce que d’une, j’ai réussi à peu près à me diriger dans Bordeaux sans me perdre une seule fois, et de deux, parce que dans Grazia, y’avait mon chapeau de paille que j’ai acheté y’a, pfiou, trois mois, AU MOINS.)

Enfin, visiter Bordeaux, je suis allée me balader là bas, et surtout, je suis allée à la Base Sous Marine.
La Base SM (nous abrégerons comme ceci le terme, merci), c’est un truc assez immonde, de loin. Très effrayant, pas accueillant, un bloc de béton usé par le temps, et par les bombardements (enfin, je crois)(mais après tout, peut-être pas)(j’y étais pas), un peu à l’écart de la ville, là où ça craint, comme on dit.

(En guest star d’apparition sur une photo, dans le coin à droite, ma soeur, ma maman et mon papa, marchant, fiers et droits, vers leur avenir, et vers l’entrée, en fait.)

Un quartier qui sera absolument super d’ici une dizaine d’années, je pense, quand tous les travaux seront finis, et que la zone aura été nettoyée des façades laides et malpropres. (Ah ouais, je fais des diagnostic prévisionnels assez intéressants)(parfois.)
Limite j’aurais envie d’y acheter un petit loft, pour mes week ends de retour en France. (Rien n’est moins sûr, par contre)(j’ai plein d’envies).

Mais donc, j’allais à la Base SM pas juste pour jouer à cache-cache avec ma sœur (elle est tellement trouillarde, que je suis sûre qu’elle m’aurait laissé gagner), mais parce qu’il y avait une expo, Six Milliards d’Autres.*

Cette expo réunit 5.000 interviews, filmées dans 75 pays. A chaque interview, les mêmes questions étaient posées, à base de famille, de peur, d’avenir, de rêves, d’espoirs, de souvenirs, d’amour, et d’amitié. (J’ai la liste des questions, j’ai limite envie d’y répondre, juste pour voir.)

L’expo en soi, je l’ai trouvée très intéressante, même si j’ai évité quelques pavillons, par peur de voir la vérité en face, sans doute, mais surtout parce que je savais très bien qu’elles allaient me faire pleurer, et j’avais pas forcément envie de ça ce jour-là. J’ai donc choisi d’ignorer le container intitulé « Rwanda, l’histoire d’un génocide », et certaines autres qui me touchent plus que d’autres.

Mais ce qui m’a surtout intéressé, c’est l’endroit. C’était sombre, c’était humide, c’était austère, et un peu effrayant, mais j’y étais bien.
C’était assez étrange, comme sentiment, comme l’impression d’être face à quelque chose de rassurant par sa masse. J’ai un peu de mal à définir ça, mais je sais juste que j’avais envie de rester longtemps là bas, et pour la première fois, j’ai regretté de ne pas avoir d’appareil photo digne de ce nom pour pouvoir essayer de capter ce que je ressentais.

Depuis, j’introspectionne mon être, et j’arrive toujours pas à comprendre comment quelque chose de si figé, de si imposant, de si ancré dans son paysage peut m’attirer autant, alors que je ne rêve que d’une chose, c’est de n’avoir d’attaches en aucun endroit.

*le site est tout pourri pour détailler les endroits où elle va passer, j’ai pas trop tout compris quelles sont les villes qui vont accueillir le truc, mais donc si jamais vous passez à Bordeaux avant le 26 septembre, allez-y. (Et allez aussi manger une salade trobonne chez Karl, et allez boire des mojitos trobons chez Jean)

Rendez-vous sur Hellocoton !

7 Commentaires

  1. 25 juillet 2010 à 12:33 | Permalien

    De bien profondes interrogations…

    Tu m’inviteras dans ton loft SM?

  2. 25 juillet 2010 à 13:49 | Permalien

    Je comprends la fierté pour Bordeaux, j’ai réussi à me repérer dans Paris rien qu’avec le plan du métro dans un de mes agendas! J’adore aller quelque part et en sortir différent… C’est comme un « échange » avec le lieu…

  3. 25 juillet 2010 à 14:03 | Permalien

    Tu sais, les liens qui nous attachent aux gens, aux choses, avec le temps, ça peut aussi être de jolis rubans tressés de tissu Liberty, et qui donnent envie d’explorer le vaste monde, parce qu’on sait qu’après, on aura envie de rentrer au port pour retrouver sa blonde (ou son brun).
    Enfin quelquefois. Et avec le temps.

  4. 25 juillet 2010 à 18:26 | Permalien

    Cette expo a l’air très intéressante. Je vais jeter un oeil sur le site alors.
    (Un loft SM, sympa !)

  5. 26 juillet 2010 à 11:56 | Permalien

    Pas facile de prendre des photos dans un lieu si sombre…
    Il devait y faire frais.
    Tu auras un loft SM très frais ;)

  6. 27 juillet 2010 à 18:00 | Permalien

    @ Lilith : oh que oui, mais tu fais des blinis, alors.
    @ LaFoutrement : exactement ça!
    @ Anacoluthe : ben ouais mais j’ai pas de blond. Ni de brun. Ni de roux, en fait. (Ma vie est FOUTUE?)
    @ Marie : l’expo est vraiment bien, mais c’est plutôt bien d’y aller plusieurs fois, et de rester 30/45 minutes, pas trop plus, après, ça fait un peu trop, je trouve!
    @ MissBrownie : ah ben oui, comme ça je pourrai me promener en manteau de cuir très chaud. (n’importe quoi)

  7. 29 juillet 2010 à 23:12 | Permalien

    J’étais allée à l’expo à Paris qd elle était au Grd Palais, et j’avais adoré ! mais je suis bien d’accord que le mieux ça serait de pouvoir y aller plusieurs fois pr vraiment tout découvrir en prenant le temps…

Poster un Commentaire

Votre E-Mail n'est jamais publié ou partagé. Les champs obligatoires sont marqués par un *

*
*