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Let me introduce you Pepa.

Déjenme presentarles a Pepa.

(Laissez-moi vous présenter Pepa.)

Pepa vivait tranquillement au Mercado de Fuencarral, accrochée avec ses copines de plastique et de coiffure folle, singeant Matali Crasset. Pepa ne demandait pas grand chose, parce que comme elle est née avec des mèches qui rebiquent automatiquement vers l’extérieur, la vie était plutôt jolie pour elle, même si elle portera jusqu’à la fin de ses jours un gilet jaune assez laid.
Et un slim blanc.

(j’aimerais assez aussi que mon correcteur automatique d’orthographe ARRÊTE de remplacer “slim” par “slip” à chaque fois, sans me demander la permission)(ça en devient presque gênant, en fait)

Un jour, le samedi 24 avril, pour être assez précise, chargée de trop de sacs Zara, de lunettes de soleil, d’un débardeur, et d’ampoules aux pieds, une jeune fille vint la délivrer.

C’est moi, la jeune fille, j’étais accompagnée de deux autres folles, et quand j’ai voulu les traîner dans ce mercado, au début, elles m’ont dit oui, oui, parce que c’était marqué sur mon guide. Et aussi parce qu’elles sentaient bien que j’avais un peu besoin de décider d’où on irait. Je crois qu’elles ont senti que cette ville, je voulais un peu la garder pour moi, et leur faire découvrir. Pas l’inverse. (Je suis pas égoïste, en temps normal, je partage tout. Mais ma ville, pour la partager, je dois d’abord sentir qu’elle n’est que mienne)(c’est un peu étrange, comme sensation, en fait)(et je crois que c’est encore plus étrange de l’écrire)(en fait j’avais jamais mis de mots sur ce sentiment)(merci pour la psychothérapie, je me sens bien mieux, je vais prendre un bonbon à l’orange pour fêter ça)

Quand on est entrées pour de bon, on a eu un peu peur, parce que c’est un endroit assez particulier, qui concentre à peu près trop de boutiques de piercings et de skateurs. C’est pas que j’aime pas, hein, non, non, c’est juste que, non, j’aime pas.

Et puis je sais pas, j’avais envie de m’acheter une montre, oui, voilà, c’est ça, et donc, je les ai trainées dans les trois étages du truc, et pof, je me suis trouvée nez à nez avec des tas de Playmobils en broche et en porte-clés. Du coup, comme je n’avais pas acheté grand chose pour le moment, juste six tee shirts, deux paires de chaussures, et C’EST TOUT, j’ai décidé d’en embarquer un, joli, joli, de la baptiser Pepa, et de l’accrocher illico à mes clés.
(Ce que l’histoire ne dit pas encore, mais qui ne va pas tarder à être révélé, c’est que deux jours après, l’une des deux follasses en folie m’a suppliée pour l’emmener de nouveau là bas pour s’en acheter un, aussi)(et du coup j’en ai acheté deux autres)(que vous ne verrez pas, pour cause que c’est des cadeaux, et que j’ai comme l’impression que les personnes à qui le cadeau est destiné lisent mon écriture)(et que même si j’ai laissé échapper huit fois j’ai un cadeau pour toi, j’ai un cadeau pour toi, voilà quoi)

Depuis, Pepa et moi, on est très bonnes amies, on se raconte presque tout (je lui ai pas raconté comment j’ai failli tomber dans mes escaliers ce matin, parce que j’avais mon iPod dans une main, mon écharpe dans l’autre, un sac en plastique dans l’autre, et une enveloppe dans la bouche, parce que je sais pertinemment qu’elle m’aurait répondu tu vois, je t’ai toujours dit de pas faire huit cent choses à la fois, ça te réussit pas, mais forcément, tu m’écoutes jamais, ça va, j’ai compris.)(c’est parce que je suis assez partisane du “il faut garder un petit jardin secret dans une relation”)(c’est pour ça que je dis jamais à mes copains qu’en vrai, j’ai pas de seins)(en faux non plus, ça tombe plutôt bien.)

Demain, je pense que je clôturerai cette épisodique épopée madrilène, rapport que d’une, j’en ai marre de pleurer, de deux, vous en avez marre de lire du HIIII MADRID C’EST TROP BIEN, et de trois, j’ai vachement de travail en retard, parce que j’ai décidé de ne rien faire pendant ces vacances. (Et en fait, je crois que je suis dans la merde, parce que demain, ben c’est la rentrée.)(Je vais DECEDER de travail)

(Pepa, donc)(en vous saluant)

12 Commentaires

  1. 2 mai 2010 à 22:01 | Permalien

    Quelle chouette idée, ce porte clef en playmobil.

    Sinon j’aime beaucoup ta façon d’écrire. C’est agréable!

  2. 2 mai 2010 à 22:16 | Permalien

    Original ce porte-clefs !
    Hello Pepa ! (je lui parle moi aussi, fais passer le message, merci)

  3. Camillou
    2 mai 2010 à 22:31 | Permalien

    Y’a Tintin (mon porte clef à moi) qui dit salut à Pepa, ou plutôt “hola Pepa” parce que c’est bien connu Tintin est trop fort, et parle ttes les langues !!
    ça me donne envie de récupérer un vieux Playmo pr en faire une copine à Tintin !

  4. 3 mai 2010 à 7:51 | Permalien

    TOUT S’EXPLIQUE. (je t’aime) (l’était cool TON marché de Fuencarral) – mais tu vas aussi décéder du fait que je vais te tuer parce que si tu n’as rien fichu, tu aurais PU venir vendredi soir. Non mais.

  5. 3 mai 2010 à 9:54 | Permalien

    La mienne est sans nom. c’est terrible.

    (J’avais bien compris, tu sais.)

  6. 3 mai 2010 à 11:47 | Permalien

    Hola Pepa
    Cette rencontre entre toi et Pepa est très touchante. Longue vie à votre amitié!

  7. 3 mai 2010 à 12:09 | Permalien

    Pourquoi Pepa? Comme Peppa Pig? Comme la vie de Peppa Lee?

  8. 3 mai 2010 à 14:04 | Permalien

    J’ai mal lu, j’ai cru lire Let me introduce you Papa, ton père quoi.

  9. 3 mai 2010 à 14:07 | Permalien

    Moi non plus j’ai rien fait pendant les vacances.
    J’ai eu un partiel ce matin
    Pas pressée de voir la note

  10. 3 mai 2010 à 16:26 | Permalien

    Ca c’est une belle rencontre ! Elle mérite bien d’avoir été ramenée d’Espagne et qu’on lui parle ! Mais d’ailleurs, tu lui parles en français ou dans sa langue maternelle ?

  11. 3 mai 2010 à 23:14 | Permalien

    @ Nina : *merci*
    @ Marie : Elle me dit de te dire bonjour bonjour, comment ça va?
    @ Camillou : Pepa lui demande son 06, à Tintin (elle en perd pas une, celle-là)
    @ Emeline : erreur, vendredi soir, ET samedi, je pense que c’est les deux seuls jours où j’ai fourni un peu d’efforts… Un peu.
    @ Eré : on a qu’à l’appeler Hectorine. (Je vous aime, toutes les deux, bandes de morues puantes)
    @ Melle ACB : on était faites pour s’entendre!
    @ MissBrownie : parce qu’en Espagne, Pepe est le diminutif de José, qui est très très très utilisé, c’est un peu l’équivalent de Michel, quoi. Et comme c’est une fille, voilà!
    @ Angie : oui, mon papa il marche avec les jambes collées, en fait. (C’est pas très gracieux)
    @ Fressine : tu me diras, hein, ta note, quand même, à moi?
    @ JS : je lui parle uniquement en espagnol, pour le moment. Je vais commencer les langues étrangères dans deux mois, je pense (là, on apprend le subjonctif)

  12. 4 mai 2010 à 21:13 | Permalien

    Pepa, elle a l’air tous et gentille. j’suis sure que c’est la meilleure amie dont on peut rêver, juste parce que de toute façon elle sera toujours d’accord avec toi ! ;)

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