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Récit d’automne (4)

Hier soir, j’étais super embêtée. Parce que je devais absolument rédiger ma note du lendemain le soir même, parce que le soir suivant, j’avais un crumble de tomates à faire. (Si vous avez donc bien suivi, le crumble de tomate à été mangé, et normalement, j’aurais brillé parmi mes convives avec cette recette qui tue [...]

Hier soir, j’étais super embêtée.
Parce que je devais absolument rédiger ma note du lendemain le soir même, parce que le soir suivant, j’avais un crumble de tomates à faire.

(Si vous avez donc bien suivi, le crumble de tomate à été mangé, et normalement, j’aurais brillé parmi mes convives avec cette recette qui tue sa race, on aura toutes bu du vin, et mangé des sablés en dessert, à moins que je n’ai acheté plutôt des financiers, je sais pas encore.)

Et donc, j’étais bien embêtée, parce qu’une fois rentrée de Rome, j’avais l’impression d’être tout à fait inintéressante.
Ah non, j’ai une vie passionnante, il m’arrive un milliard de choses, et je peux trouver à peu près le même milliard de manières de les raconter, ce qui nous amène au milliard puissance milliard, mais c’est juste que j’ai comme qui dirait un goût de fade dans la bouche.

(Enfin, non, puisque j’ai mangé le crumble.)

Mais du coup, je suis allée à la Poste. Je me suis dit qu’avec une visite dans ces lieux, je trouverai forcément de quoi parler ici.

La vérité, c’est surtout que j’avais un colis à récupérer, hein. Je suis super amusante, et prête à beaucoup de choses pour le blog, mais pas à ça.

Et du coup, en rentrant de la gym, alors que j’étais en short et en collants danse, ceux coupés au pied, qui sont mortels, et que dedans, on est bien, tout simplement, j’ai posé mon vélo, et je suis entrée, un grand sourire collé sur la face, dans l’antre qui a ce don de me rendre irritable, au premier bonjour.

Là, ça a failli rater.

Parce que le préposé au colis était tout sympa, et que la personne qui était derrière moi, qui soufflait comme un toxicomane achevant le marathon est partie au bout de même pas douze secondes.

Alors, je lui tends mon papier, avec toujours un joli sourire (parce que mes parents m’ont appris à toujours sourire aux gens, c’est bien plus aimable, il paraît), et je lui demande mon colis, s’il vous plaît.

Il part avec mon papier, non sans m’avoir prié de patienter, et revient avec un paquet d’Amazon.
Alors, ça me déplaît pas, mais je sais que je viens récupérer mon colis Petit Bateau, alors j’ai un peu tiqué, et je lui ai signifié.

Le préposé tout gêné, et reparti fouiller dans ses paquets pendant sept bonnes minutes. (j’ai compté, y’a une horloge assez laide, d’ailleurs, dans le bureau.)(pendant ce temps, j’ai appris comment faire une aumônière au fromage, j’ai vu les alpages verdoyants de Normandie, et j’ai vu aussi comment on récoltait le vin )(y’a un écran de télévision super instructif.)

Et puis il est revenu, un peu las, bredouille, et mal à l’aise, en me disant qu’il est tout à fait navré, mais qu’il trouve pas, alors que comme y’a un collègue à lui qui vient d’arriver, ils vont aller défaire tous les paquets qu’ils ont reçu, pour voir si ils trouvent pas le mien.

Trop gentils, mais comme y’avait treize paquets pleins de colis, j’ai quand même dit que c’est pas très grave, vous savez, je peux revenir demain, quand vous aurez fini.
Mais non, il m’a dit, moi, je trouve ça grave, je vais pas vous laisser repartir les mains vides.

Soit.
Pendant, donc, vingt deux bonnes minutes (là, j’ai pas compté, parce que j’avais très envie de faire pipi), ils ont vidé les grands colis de petits colis, et ils ont rien trouvé.

Alors, je suis quand même repartie bredouille, pour faire pipi chez moi.
Et à 19h55, alors que je sortais de la douche, que je sentais bon, que je m’étais mis de la crème, et que j’étais en tenue confortable pour continuer à tracer des traits sur la perspective du Guggenheim de New York (c’est pas une chose très aisée), la Poste m’a appelée, me disant que tiens, on a retrouvé votre colis, si vous voulez passer, on vous attend.

J’ai dit que j’arrivais.
Mais en vrai, je suis restée, juste pour leur faire les pieds.

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6 Commentaires

  1. 21 octobre 2009 à 0:37 | Permalien

    Bon pour commencer le crumble de tomates doit tuer sa race effectivement, ça donne faim !

    Il voulait vraiment le trouver le jour-même ton colais hein ! La faute au joli sourire ? :-)

  2. 21 octobre 2009 à 8:22 | Permalien

    à 19h55 ils auraient été capable de te dire « désolés on ferme, revenez demain »…

  3. 21 octobre 2009 à 11:29 | Permalien

    Ah ben tiens, le Guggenheim je n’ai pas eu le temps d’aller le voir… pourtant dans mon city pass, j’avais un ticket pour y aller

  4. 21 octobre 2009 à 11:44 | Permalien

    @ Marie : ah mais oui, le crumble tue sa race, et mon sourire, il est dévastateur, j’en suis sûre.
    @ Marinette : et dans ce cas-là, je pense qu’un attentat au ballon rempli de riz au miel aurait été la seule solution envisageable.
    @ MissBrownie : le mieux de ce musée reste l’architecture, j’ai trouvé… Mais si même l’extérieur tu ne ‘las pas vu, c’est dommage, ça!

  5. 21 octobre 2009 à 17:58 | Permalien

    Parce qu’ils te disent bonjour à ta poste, toi?
    N’empêche, tu as eu de la chance qu’ils te rappellent (en plus le soir??), parce que moi, ça m’est arrivé plus d’une fois, et jamais ils n’ont tenu parole. Du cup, j’ai dû me représenter au bureau pour râler…

  6. 21 octobre 2009 à 21:46 | Permalien

    Oui mais maintenant tu as plein de marinières…

    J’ai acheté quatre collants tout à l’heure : un tartan gris/framboise, un bleu navy, un orange et un bleu pétrole. Je les voulais en jaune mais il n’y avait plus ma taille.

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