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Petit manuel de survie dans la jungle immobilière. Part tou.

Au premier jour de nos recherches, j’étais comme qui dirait super jouasse, rapport que je me sentais un peu la MacGuyver qu’allait nous trouver un superbe soixante treize mètres cubes (oui, en cubes) pour nous deux, qu’on allait pouvoir mettre un sauna intégré dans le couloir de desserte du personnel, et qu’on aurait de quoi [...]

Au premier jour de nos recherches, j’étais comme qui dirait super jouasse, rapport que je me sentais un peu la MacGuyver qu’allait nous trouver un superbe soixante treize mètres cubes (oui, en cubes) pour nous deux, qu’on allait pouvoir mettre un sauna intégré dans le couloir de desserte du personnel, et qu’on aurait de quoi mettre des tapis persans dans les vestibules.

J’étais fière de mon rôle à jouer, en gros.

Mon géniteur avait gentiment accepté d’être de la partie, sachant, je pense, aux tréfonds de lui-même, que, vu mon organisation interne, et externe, je n’allais pas forcément être apte à réunir les pièces nécessaires à la constitution du dossier béton qu’on allait devoir fournir un peu partout.

Franchement, j’avais un peu l’impression de passer un examen d’entrée à la NASA, à chaque visite. Heureusement qu’on n’a pas eu droit au bras tournant qui fait vomir pour vérifier qu’on est bien arrimé de l’estomac. Sinon, je retournais vivre chez mes parents. Sans Elle. Ni elle.

Mais ma pièce d’identité, je l’ai vue, en gros plan, macro, noir et blanc, photocopie couleur, sténo et tout.
Même en recto verso, et en format A8.
C’est dire.

(Les boutons des photocopieuses sont très mal indiqués, parfois)(il faut avouer)(mais bon)(finalement, j’avais mes photocopies en bonnet de forme.)

Donc.
Les papiers tous entassés dans la chemise rouge, les feuilles des agences dans la chemise en plastique jaune, et les annonces des particuliers dans le carnet à spirales achetés exprès pour l’occasion, nous étions parés.

Pour la première journée, j’avais pris soin de noter, avec plume callygraphiante, chaque annonce, avec la surface, le prix, les trucs précisés, genre wawas inclus dans le prix, et placard à balai sur le palier, le tout en charges comprises, sur ce joli carnet à spirales acheté exprès pour l’occasion.

Sur ce joli carnet à spirales acheté pour l’occasion, j’avais noté que mardi, de midi à quatorze heures, se tenait une visite, à quelques rues de mon toit provisoire, dans une rue que même pas je la cite tellement je l’aime, et si je la dit ici, je sens que dès dimanche en trente-deux, vous allez tous être quichés là-bas, dans l’espoir de m’apercevoir acheter des bottes de radis au maraîcher du coin.

Je me tais, donc.

Et je continue mon récit.

A neuf heures du matin, j’avise l’homme en charge des chromosomes légués que nous allons, cher paternel, à quelques pâtés de maisons d’ici, pour mirer du superbe F2, de quelques 40 mètres carrés (on s’éloigne des soixante treize, mais tant pis), pour quelque très peu d’euros.
Tout est relatif.

Je suis sûre et certaine qu’Einstein n’imaginait pas une seule petite nano seconde que nous allions autant utiliser sa théorie, dans ce bas monde. Si non, il aurait sans doute évité de fabriquer la bombe nucléaire, qui a anéanti trois milliards de petits japonais, sans moi, sans moi, sans moi.

Bref.

A neuf heures trente, nous étions, moi pomponnée, habillée, coiffée, lui, habillé, coiffé. Et nous avions bu déjà six cafés chacun, histoire de tenir.
A neuf heure trente trois, j’étais en train de faire pipi.
J’avais bu trop de caféine liquide.

Mais n’empêche qu’à dix heures six, nous étions devant le lieu de rendez-vous. On a dit qu’on allait juste boire un café, pour patienter.
Ce qu’on a fait, en nous arrêtant de temps à autres saluer des confrères immobiliers, pour s’entendre dire que vous êtes juste un tout petit peu en avance, messieurs-dames, nous, on rentre de vacances, on a juste eu le temps de se raconter les derniers potins sexuels des mots estivaux, vous croyez quand même pas qu’on a déjà rentré les dernières offres locatives, non?
Si, on le croyait.
On se fourvoyait, donc.

Mais à onze heures moins dix, on était sur le pont, devant la porte. Enfin, derrière quatre personnes, qu’étaient déjà croupantes ici et là.
N’empêche qu’on était cinquièmes, on était fiers.

A onze heures trente, y’avait comme qui dirait du monde, derrière nous.
A midi moins quatorze, y’avait genre une foule aussi dense que celle qu’attend le concert de Johnny Hallyday, avec Lara Fabian en guest invitée.
A midi trente, y’avait environ l’équivalent de la population chinoise copulant aussi vite qu’un lapin terrestre qui poireautait devant le seuil.

Et à treize heures, le propriétaire n’avait toujours pas daigné montrer le museau du bout du nez.
A treize heures trente, on a perdu la patience, le sourire (qui avait quand même été résistant jusque là, arguant entre nous que allez, c’est que le premier, un retard, ça arrive même aux meilleurs d’entre nous.), et on a décidé d’aller manger des ravioles.

Qui, Dieu me tripote, étaient extraordinaires.

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21 Commentaires

  1. 2 septembre 2008 à 23:57 | Permalien

    Ok, j’ai pigé..!
    L’enfer c’est le sixième café…!

    Un Parisien bien sous tout rapport.

  2. 3 septembre 2008 à 2:29 | Permalien

    tu as mangé, ça s’est bien terminé finalement!

  3. 3 septembre 2008 à 8:00 | Permalien

    On se croirait revenus au bon vieux temps des files d’attentes devant les magasins en URSS…
    C’est dingue..
    Je savais que la location parisienne était galérante, mais à ce point !
    Heureusement que tout s’est bien terminé..

  4. 3 septembre 2008 à 8:47 | Permalien

    C’est Rue de Rennes ??
    Et c’est le rapport entre les chinois et les lapins ?? C’est parce que je joue aux Lapins Crétins que tu dis ça ?? Et je ne copule plus, je n’ai plus le temps.
    Mon Dieu mais ces proprios qui se croient tout permis, c’est juste indécent :twisted:

  5. 3 septembre 2008 à 9:43 | Permalien

    Ah ouais. Jolie queue.

  6. 3 septembre 2008 à 10:41 | Permalien

    C’est incroyable ça! :shock:
    Je croyais que Zone Interdite employait des figurants moi quand ils parlaient de ça! :grin:

  7. 3 septembre 2008 à 10:51 | Permalien

    Moi aussi si j’étais le proprio, en voyant la foule je serai partie…

  8. 3 septembre 2008 à 11:24 | Permalien

    @ Lecteur : en fait, je crois que le café m’a toujours un peu barbouillée…
    @ Nonolerobot : ouais, mais n’empêche que d’appartement, j’en avais point, après les ravioles, hein, et le but, c’était quand même ça!
    @ Manu : ouais, avec ticket de rationnement et tout ça. N’empêche que j’ai gravement halluciné, en voyant ça!
    @ Fran : ils vendent des radis, rue de Rennes?!
    @ Frifri : et encore, hein, elle aurait pu être un peu plus épaisse.
    @ Camille : ouais, ben ou alors, ils avaient décidé d’en engager pour nous filmer? Peut-être?
    @ Lili : attends, tu délires? C’est le meilleur moyen de trouver l’homme de sa vie, non?

  9. 3 septembre 2008 à 12:30 | Permalien

    ça me fait sourire maintenant, mais qu’est ce que j’ai pu en chier quand je cherchais un appart!!! je compatis tout plein et je te dis bon courage, car ça, en plus du dossier béton, il t’en faudra, il faudra s’accrocher à l’idée que si, si on fini toujours par trouver. Il faudra dépasser la case queue de 6km de long, mais aussi le regard condescendant sur ton dossier (pire qu’un entretien d’embauche ), et l’attente, derrière ton téléphone « allez, mas pourquoi ils appellent pas!!!!! ».
    allez, bon courage

  10. 3 septembre 2008 à 12:42 | Permalien

    Je me souviens d’une visite d’appart. en fait c’etait une pièce et les voisins d’a coté passaient par chez toi pour rentrer chez eux.
    on etait 20 à visiter ce taudis…

  11. 3 septembre 2008 à 13:18 | Permalien

    Ils ont pas vu les gens que la boulangerie elle était fermée ??

  12. 3 septembre 2008 à 16:21 | Permalien

    Non!!! :shock:
    Les gens dehors là, ils attendent l’ouverture de la boulangerie Paul, non ??? :???:
    OMG !!!

  13. 3 septembre 2008 à 18:11 | Permalien

    J’ai une tente Quechua si tu veux. Tu veux? :lol:

  14. 3 septembre 2008 à 20:06 | Permalien

    T’es sûre que yavait pas des ventes presse dans ta piaule, là ? :???:

  15. 3 septembre 2008 à 20:56 | Permalien

    ah oui et puis c’est pas la saison des radis

  16. 3 septembre 2008 à 21:18 | Permalien

    @ May : merci. Du courage, oui, il nous en aura fallu!
    @ Valérie : et le pire, c’est qu’on suppose que les 19 autres se sont battus pour l’avoir!
    @ OoPsy : tu délires, mais on s’est fait gronder par les Pauliens, surtout!
    @ MissBrownie : que tu dis. OMG. OMG, complet!
    @ Mademoiselle Parker : ça depend, elle se déplie facilement?
    @ Shalima : c’était sans doute quelqu’un qu’a fait une blague, ouais, pour se pointer peinarde aux VP, surtout!
    @ OoPsy : ah bon? Merde. J’irai acheter des carottes, alors.

  17. 3 septembre 2008 à 23:06 | Permalien

    Hin? mais t’es sûre que sur la photo t’as pas confondu avec la crêperie? (sait on jamais hin :!: )

  18. 3 septembre 2008 à 23:28 | Permalien

    @ Gazelle : personne fait la queue pour aller à la creperie, enfin!

  19. 4 septembre 2008 à 19:14 | Permalien

    Les sandwichs de chez Paul attirent apparemment beaucoup de monde ! Comment ça je n’ai rien compris ?

  20. 4 septembre 2008 à 19:48 | Permalien

    @ Habon : les sandwichs, les pains, les croissants, tout. sauf les propriétaires.

  21. 6 septembre 2008 à 18:56 | Permalien

    Fière d’avoir habiter romans! La ville des ravioles :)

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