Y’a pas à dire, Elsa et moi, c’est une affaire qui roule à point nommé, comme sur des chapeaux roulants, et surtout, telle une mécanique huilée à base de ricin bien comme il le faut. Parce que déployer une organisation telle, c’est quand même quelque chose de tellement irrationnel, irréel et exceptionnel, que ça en [...]
Y’a pas à dire, Elsa et moi, c’est une affaire qui roule à point nommé, comme sur des chapeaux roulants, et surtout, telle une mécanique huilée à base de ricin bien comme il le faut.
Parce que déployer une organisation telle, c’est quand même quelque chose de tellement irrationnel, irréel et exceptionnel, que ça en devient réellement indécent.
Voire même indélébile.
Séparées par quelques cinq cents kilomètres, ou une heure quarante quatre de tégévé à grande vitesse, elle au Sud, moi au Nord, elle en province, moi, étant déjà la sale connasse que Camd’Ess, elle croit que je vais devenir (alors que que nenni, je continuerais toujours de mettre des chaussettes pour dormir, et de boire des tisanes la nuit)(j’avoue)(mais c’est des jolies chaussettes)(avec des rubans).
On s’en contre tamponne l’os à moelle, ceci dit, de mes jolies chaussettes. En plus, quand je serais devenue cette fameuse connasse, peut-être qu’on me fera tester de manière plus que gracieuse des chauffe-pieds en poil de yack ignifugé et doublé de moumoute de martre brodée, qui feront que la chaussette et moi nous nous fâcherons, telle les deux sœurs? Qui sait. (Personne.)
Je causais donc organisation interne du rouage de notre collocation.
Y’a qu’à voir à la vitesse à laquelle la donzelle marquise, branchée sur son ordinateur, m’envoyait des SMS frénétiques, à bases de 2-pièces-42-mètres-carrés-chambre-séjour-entrée-cuisine-équipée-libre-dessuite-0137297450-appeler-aux-heures-de-bureau, textos donc, auxquels je répondait par un je s’occupe, j’appelle, je te tiens au courant.
(En vrai, des textos aussi beaux que celui-là, y’en a point eu, sinon, vous pensez bien que la charpente parisienne aurait été bien plus aisée à trouver)(l’invariance se situait surtout au niveau du commentaire qui a ponctué environ tous nos dialogues enflammés, à savoir que c’est moyen bof pas réellement ce qu’on recherche dans l’absolu, mais on tente, hein, vu que….)(On a beaucoup tenté)
Mais putain que des courants, on en a tenu. On a par la même occasion permis à Orange et SFR de tripler leur chiffre d’affaire du mois, et de faire ainsi bénéficier aux numéros surtaxés une explosion de leur budget.
Imaginez donc, elle, accrochée à son mulot optique, à faire défiler de la mollette, activant ses synapses et ses pouces, afin de compulser les touches téléphoniques, et moi, loin, far far away, dégainant un porte-mine (même pas un crayon Ikea)(non), et recopier, la langue tirée en signe d’application extrême, sur mon petit calepin approprié, les annonces sus-citées.
Pour ensuite, téléphoner, ipso facto (6heures du matin, c’est bien une heure de bureau, non?)(pour les éboueurs, si, y’a pas de sot métier, alors donc, oui, ça en est).
Et, pour, quasi invariablement, tomber sur, au choix, un répondeur saturé de messages, un répondeur avertissant agréablement, d’une voix suave d’outre-tombeau que si vous appelez pour la petite annonce, c’est pas la peine de laisser un message, je suis qu’un imbécile, je ne rappellerai pas, ou bien, sur un sec nan, c’est déjà loué depuis belle lurette, idiote.
Mea culpa, je songeais pas qu’un bien immobilier pouvait être loué une demi-heure après sa parution sur le fidèle site du particulier.
A croire que certains se sont greffés un Netvibes les réveillant à chaque nouvelle annonce. Ou mieux encore, appelant automatiquement, avec une vois enregistrée, genre je suis la locataire qu’il te faut, rapport que je ramasse mes poubelles toutes les deux heures vingt-trois, je lave les chiottes au coton-tige blanc et je ne bouffe que des germes plantées qui graissent que dalle le carreau cuisinier.
Quelque part, je suis sûre qu’on aurait eu meilleur compte à se confectionner un téléphone à base de boîtes de conserve.
Mais si, ces trucs qu’on faisait, quand on était petits, qu’on disait que je m’ennuie, chais pas quoi faire, et que le trait d’esprit parental dégainait un livre d’activités pour les jours pluvieux et mornes (même si y’avait grand soleil)(ça marche quand même, en fait), et nous foutait le bricolage de l’ére quaternaire sous les yeux.
A savoir, le téléphone en boîte de conserves, donc.
Et encore.
C’est que le début….(to bi continuède, comme on pourrait aisément dire)(alors on le dit)(disons-le)(en choeur)(en tapant des mains, battant des pieds, et jouant du clavecin)(j’ai toujours révé de jouer du clavecin)
To be continued, disais-je.






















14 Commentaires
Bises à demain !
Putain, quel honneur de décérébrée. Demain, je t’offre le champagne. Ou le panaché?
ça m’a fait drôle quand j’ai commencé à lire. deux paragraphes et toujours pas de parenthèses, ouh là, problème! mais finalement tu t’es rattrapée.
Bon allez continued là maintenant ! Ca va être trop long d’attendre tous les jours !
@ Nonolerobot : j’aime bien faire quelques frayeurs, comme ça. ça me chante bien.
@ Electroménagère : bi pacheunte, bi pacheunte, ça va venir!
Tu collocationnes avec Elsa ?
C’est dingue …
Donc si tu m’invites à ta crémaillière, je verrais Elsa aussi ??
C’est re-dingue…
Les miss, si j’entends parler de quelque chose question appart’ , je vous tiens informées, mais j’ai assez peu de connexions à ce niveau là. Je ne veux donc pas entretenir un faux espoir…
Yipa donc
et vous n’avez pas d’autres pistes?
les boites de conserve tu peux faire des pots à crayons aussi avec. Et puis dis pas aux voisins que tu veux jouer du clavecin, ni de l’harmonica d’ailleurs.
(moi aussi je dors en chaussettes (elles ont pas de rubans par contre) et je bois ma tisane avant le dodo et je me lève toutes les 3 heures pour faire pipi après)
@ Emanu124 : ah mais t’avais pas compris qu’on allait être quasi concubines?! (non mais c’est bon, hein, on a trouvé!)
@ Shalima : youpla boum, même!
@ Gazelle : mais si, on a trouvé. HO HE, j’ai Blog-it expressé la nouvelle, les gens!
@ OoPsy : ben moi aussi, je me lève environ six fois par nuit. Mais on s’en fout, les toilettes sont près de ma chambre, je dérangerai pas Elsa!
le voisin du dessous est pas content parce que je tape des pieds, des mains (j’ai pas de clavecin – 26 m² tu comprends) et que je cries » la suite la suite » (je parle pas anglais)
(et Elsa elle est où ? laisse la sortir de la tente quechua)
Tout ça pour ça ? Parce que vous l’avez, en fait, le deux-pièces de vos rêves (ou pas) ou toujours pas ?
@ OoPsy : Elsa? Sous un pont, sans doute, à l’heure qu’il est!
@ Frifri : disons que nos rêves ont été, comment dire…. amoindris en qualité. Mais bon!
Merci pour ce petit cours de survie. Je prends note pour le futur.
Un Rétrolien
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